La 8ᵉ édition du Festival Sud-Comoé Agnintiè dédiée à la lutte contre l’orpaillage illicite
La 8ᵉ édition du Festival Sud-Comoé Agnintiè placera la problématique de l’orpaillage illicite au centre de ses activités. L’annonce a été faite lors de la cérémonie officielle de lancement organisée dans la salle des Pas Perdus du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), à Abidjan-Plateau.
Le commissaire général du festival, Paul Animan Koffi, a souligné que cette édition marque une évolution stratégique. Après avoir mis en lumière, au fil des années, le patrimoine culturel, les figures académiques et les autorités traditionnelles du Sud-Comoé, l’événement entend désormais s’attaquer à une problématique majeure aux conséquences directes sur les populations : l’exploitation illégale de l’or.
Prévu du 20 au 29 mars, le festival s’articulera autour d’un colloque scientifique et d’une campagne de sensibilisation dans plusieurs localités affectées par l’orpaillage clandestin. Le colloque, placé sous le thème « L’orpaillage clandestin : causes, conséquences et solutions, cas du Sud-Comoé », sera marqué par une conférence inaugurale animée par le ministre des Mines, Sangafowa Coulibaly. Des experts y analyseront le potentiel minier de la région, ses opportunités économiques ainsi que les risques liés à une exploitation anarchique.
L’initiative bénéficie de l’appui technique de la direction générale des Mines et de la Géologie ainsi que de la Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire (SODEMI), dont le directeur général prendra part aux travaux. En parallèle, une vaste campagne de sensibilisation sera déployée dans une dizaine de localités touchées.
Le président du Conseil régional du Sud-Comoé et président du CESEC, Eugène Aka Aouélé, a dressé un constat préoccupant de la situation. Il a alerté sur les impacts environnementaux et sanitaires de l’orpaillage clandestin, notamment la déforestation, la dégradation des sols et la pollution des cours d’eau par des substances toxiques telles que le mercure et le cyanure. Il a également évoqué les conséquences socio-économiques, dont la perte de terres agricoles, la raréfaction des ressources halieutiques et la fragilisation des communautés riveraines.
À l’échelle nationale, entre 30 et 40 tonnes d’or quitteraient illicitement le pays chaque année, engendrant un manque à gagner considérable pour l’État, a-t-il rappelé.
Au-delà de sa dimension culturelle et artistique, le Festival Sud-Comoé Agnintiè ambitionne ainsi de s’imposer comme un cadre structuré de réflexion et d’engagement citoyen. Les conclusions du colloque devraient déboucher sur des recommandations opérationnelles visant à renforcer la lutte contre l’orpaillage illicite et à promouvoir un développement durable, respectueux de l’environnement et des communautés du Sud-Comoé.



