Adiaké Sud-Comoé

Akounougbé – Etuéboué : une profonde mésentente fait capoter la délimitation des territoires

La mission de délimitation des territoires villageois conduite dans le cadre du projet de l’Agence du Foncier Rural (AFOR) a connu une impasse, mercredi, entre les villages d’Akounougbé et d’Etuéboué. Les représentants des deux communautés, accompagnés des agents de l’AFOR, se sont rendus sur le terrain afin d’officialiser les limites territoriales entre les deux localités.

Malgré plusieurs échanges sur le site retenu pour l’opération, les parties n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente. Les discussions, parfois animées, sont toutefois restées dans un cadre strictement verbal, évitant ainsi toute escalade ou incident entre les délégations présentes. En l’absence de consensus, la mission n’a pu atteindre son objectif.

Au cœur du différend se trouve la localisation exacte de la frontière séparant les deux villages. La délégation d’Etuéboué soutient que son territoire s’étend jusqu’au site de l’aquaculture, situé juste avant Elokro lorsqu’on vient d’Akounougbé. Cette position a été fermement défendue par les représentants du village au cours de la mission.

De son côté, la délégation d’Akounougbé rejette cette revendication et estime que la limite territoriale se situe plutôt à environ 150 mètres après le premier Assigbô, un site de pèlerinage catholique créé par des prêtres sur l’axe en provenance d’Akounougbé.

Cette nouvelle divergence intervient pourtant dans un contexte où des initiatives locales avaient été engagées pour favoriser l’apaisement. Dans un élan de dynamisme communautaire, les jeunes d’Akounougbé avaient aménagé, le 7 avril 2025, une nouvelle plage baptisée « Plage Adjomolo ». Cette initiative visait notamment à tourner la page des tensions liées à l’ancien site d’Assigbô, qui était parfois source de discordes entre Akounougbé et le village voisin d’Etuéboué.

L’échec de cette opération de délimitation montre que la question foncière demeure sensible dans la zone. Les populations des deux villages attendent désormais de nouvelles concertations sous l’égide des autorités compétentes afin de parvenir à une solution durable et consensuelle.