À Grand-Bassam, le pari de la Côte d’Ivoire pour attirer les jeunes filles vers les sciences
À Grand-Bassam, l’élégance a laissé place aux équations, aux innovations et aux ambitions scientifiques. Samedi 09 mai 2026, la cité balnéaire ivoirienne a accueilli la troisième édition du concours régional Miss Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (Miss STIM), une initiative destinée à promouvoir les filières scientifiques auprès des jeunes filles.
Organisée à la salle Ablé Frédéric de la mairie, la cérémonie de récompense a réuni autorités administratives, acteurs du système éducatif et familles autour d’un objectif commun : encourager une plus grande présence féminine dans les domaines scientifiques et technologiques, encore largement dominés par les hommes en Côte d’Ivoire comme dans plusieurs pays africains.
Parrain de l’événement, le maire de Grand-Bassam et ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, a insisté sur l’enjeu stratégique que représente l’accès des jeunes filles aux filières scientifiques.
« Renforcer la présence des femmes dans les filières scientifiques est un impératif pour bâtir une économie innovante et compétitive », a-t-il déclaré, rappelant que les métiers liés aux sciences, à l’ingénierie et au numérique figurent parmi les principaux moteurs de transformation économique du continent.
Au-delà du caractère symbolique du concours, les chiffres présentés lors de la cérémonie illustrent toutefois les difficultés persistantes. Selon les données communiquées par le ministre, sur 3 381 élèves inscrits dans les séries scientifiques C et D à Grand-Bassam pour l’année académique 2025-2026, 1 656 sont des filles contre 1 725 garçons, traduisant une quasi-parité à l’entrée.
Mais cette dynamique s’essouffle au fil du parcours scolaire. Parmi les quelque 650 jeunes filles inscrites en Seconde C en 2023-2024, seules 39 ont atteint la Terminale C deux ans plus tard, soit environ 6 %. Un taux largement inférieur à celui observé chez les garçons, estimé à 14 %.
Pour les autorités locales, cette situation met en lumière des freins multiples : pesanteurs socioculturelles, manque d’accompagnement, orientation scolaire insuffisante ou encore faible représentation féminine dans certains métiers scientifiques.
À travers Miss STIM, les organisateurs entendent ainsi créer des modèles de réussite capables d’inspirer une nouvelle génération de jeunes filles ivoiriennes. Les lauréates de cette édition ont reçu des ordinateurs portables, des tablettes numériques et des diplômes d’honneur, autant de récompenses destinées à soutenir leur parcours académique.
Dans un contexte où les économies africaines misent de plus en plus sur le numérique, l’intelligence artificielle et l’innovation technologique, la question de l’inclusion des femmes dans les filières scientifiques apparaît désormais comme un enjeu stratégique majeur pour la compétitivité du continent.



