Côte d’Ivoire : à Etuéboué, une vaste campagne de sécurisation du foncier rural lancée
Les autorités ivoiriennes ont intensifié leur campagne de sécurisation du foncier rural avec une opération de sensibilisation organisée le 23 février 2026 à Etuéboué, localité située dans le département d’Adiaké, au sud-est du pays. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme de sécurisation du foncier rural (PRESFOR), un ambitieux projet national visant à réduire les conflits liés à la terre et à renforcer la stabilité sociale en milieu rural.
La séance d’information, organisée par l’administration locale, a réuni autorités administratives, chefs coutumiers et représentants des communautés villageoises. Objectif : expliquer les mécanismes du programme et encourager l’adhésion des populations à un processus de formalisation des droits fonciers encore largement régis par les usages traditionnels.
Un enjeu stratégique pour la stabilité et l’économie rurale
En Côte d’Ivoire, la question foncière constitue depuis plusieurs décennies un facteur de tensions, notamment dans les zones agricoles où cohabitent populations autochtones et allogènes. Le PRESFOR vise à encadrer juridiquement ces relations à travers la délivrance de certificats fonciers reconnaissant les droits coutumiers, la délimitation des territoires villageois et la formalisation des contrats entre propriétaires terriens et exploitants.
Les autorités soulignent que la sécurisation des terres agricoles est essentielle à l’attractivité des investissements, à la productivité du secteur agricole — pilier de l’économie ivoirienne — et à la prévention des conflits communautaires.
Un programme soutenu par la Banque mondiale
Le PRESFOR bénéficie de l’appui financier et technique de la Banque mondiale. Il couvre 16 régions, 52 départements et 218 sous-préfectures à l’échelle nationale. Sur la période 2024-2029, le gouvernement prévoit la délivrance de 500 000 certificats fonciers gratuits, représentant environ cinq millions d’hectares de terres rurales.
Au-delà de la formalisation administrative, les autorités ivoiriennes présentent ce programme comme un instrument de consolidation de la paix sociale et de développement local. En clarifiant les droits de propriété et d’usage, le gouvernement entend instaurer un cadre plus stable pour les communautés rurales et réduire les litiges qui freinent l’exploitation agricole et l’investissement.
À Etuéboué, les responsables administratifs ont appelé les populations à s’approprier pleinement le processus, estimant que la réussite du programme dépendra largement de l’implication des communautés concernées.



