Afrique du Sud: une campagne pour que le milliardaire Patrice Motsepe accède à la tête de l’ANC fait réagir
En Afrique du Sud, le lancement d’une campagne en ligne qui promeut Patrice Motsepe, milliardaire et président de la Confédération africaine de football (CAF), pour être élu en 2027 à la tête de l’ANC provoque des remous au sein du parti au pouvoir.
En Afrique du Sud, les prochaines élections générales sont encore loin, prévues en 2029. Mais les partis renouvellent entre-temps leurs dirigeants. L’African National Congress (ANC), le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, doit organiser des élections internes en 2027, désignant le successeur de Cyril Ramaphosa, l’actuel chef de l’État, lui qui arrive au terme de ses deux mandats. Et une étrange campagne a débuté en ligne, visant à promouvoir une possible candidature de Patrice Motsepe, 64 ans, actuel président de la Confédération africaine de football (CAF), même si le milliardaire a jusqu’à présent toujours affirmé ne pas être intéressé par le poste.
On ne sait pas qui exactement pilote cette campagne nommée « PM27 ». Un sigle qui reprend les initiales non pas du vice-président sud-africain, Paul Mashatile, potentiel dauphin de Cyril Ramaphosa, mais bien celles de Patrice Motsepe en vue des élections internes de l’ANC prévues l’année prochaine.
Un site internet a été lancé, pour compiler les succès de ce magnat des mines, beau-frère par alliance de l’actuel dirigeant sud-africain. Selon ses auteurs, le patron du foot continental serait « le leader le plus crédible, unificateur et visionnaire pour guider l’ANC ». Une initiative qui étonne et face à laquelle Patrice Motsepe, toujours très discret, n’a lui-même pas encore réagi.
« Vive inquiétude » à l’ANC
En revanche, la formation politique en question a été poussée à s’exprimer : dans un communiqué, la porte-parole de l’ANC a partagé la « vive inquiétude » du Congrès national africain face à cette démarche, et a rappelé que les campagnes anticipées ont été interdites par le comité interne. Toutes les forces doivent être mobilisées, selon elle, pour se préparer pour les élections locales qui doivent être organisées d’ici moins d’un an.
Du côté de l’Alliance démocratique, deuxième force politique du pays, la question de la direction du parti se pose aussi, avec la mise en retrait du chef sortant, John Steenhuisen. Le maire du Cap, Geordin Hill-Lewis, a déjà annoncé qu’il se portait candidat pour les élections internes d’avril.
rfi


